« Qui devra adapter ses pratiques ? » : la question clé d’Isabelle Brès-Bigey

Aujourd’hui indépendante, Isabelle Brès-Bigey met à profit un parcours riche dans le médico-social, le management et la formation pour accompagner les transformations du secteur de la santé. Forte de cette expérience plurielle, elle porte un regard à la fois humain et pragmatique sur les innovations, en veillant à leur pertinence et à leur utilité concrète pour les professionnel·les comme pour les patient·es.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? 

Après un long parcours dans le domaine médico-social, ainsi que dans le management et la formation, j’ai développé une vision globale des enjeux du système de santé. Je m’intéresse particulièrement aux innovations qui réinventent les services de santé et qui soutiennent concrètement les professionnel·les dans leur pratique quotidienne. Curieuse et engagée, j’apprécie les démarches collaboratives qui permettent de croiser les expertises et de transformer des idées en solutions concrètes, utiles et durables.

Comment votre expérience influence-t-elle la manière dont vous évaluez un projet d’innovation en santé, au-delà de la technologie elle-même ? 

Mon expérience de soignante, de pédagogue et de manager m’amène à me centrer d’abord sur l’humain, qu’il s’agisse des patient·es, des étudiant·es ou des équipes. Avant même de considérer la technologie, je questionne le sens du projet : quel problème résout-on réellement ? Pour qui ? Et avec quel impact ?
Je prête également une attention particulière aux implications concrètes : qui devra adapter ses pratiques, dans quelles conditions, et avec quel accompagnement ? Quelles compétences devront être développées ?
Pour moi, une innovation réussie est avant tout une solution réaliste, applicable et capable d’améliorer durablement une situation existante. La technologie n’est qu’un levier : elle doit rester au service des usages et non l’inverse.

Quels sont, selon vous, les points de friction les plus fréquents entre innovation et réalité du terrain, et comment les startups les sous-estiment-elles parfois  ?  

Un des principaux écueils est le décalage entre une idée séduisante sur le plan théorique et sa faisabilité dans la réalité. Certaines innovations, bien que pertinentes sur le papier, ne répondent pas toujours aux besoins prioritaires ou aux contraintes du terrain.
Les startups sous-estiment parfois la complexité des organisations de santé, le temps nécessaire à l’intégration de nouvelles pratiques ainsi que l’importance de l’adhésion des professionnel·les. Or, sans cette adhésion, même la meilleure solution a peu de chances d’être adoptée durablement.
Il ne faut pas oublier que, sur le terrain, l’innovation doit s’inscrire dans un environnement contraint : manque de temps, ressources limitées, exigences réglementaires, coordination entre acteur·trices… Autant de facteurs qui nécessitent une approche pragmatique et progressive.

À vos yeux, qu’apporte le H4 à l’écosystème suisse de l’innovation en santé ?  

Le H4 joue un rôle essentiel de mise en lien entre deux mondes qui se connaissent encore parfois insuffisamment : celui des startups et des technologies, et celui du médico-social avec ses réalités de terrain.
Il favorise des échanges qui permettent une meilleure compréhension mutuelle, réduisant ainsi les incompréhensions et les points de friction. Le H4 permet également de faire émerger des besoins concrets, d’explorer des solutions adaptées et d’ouvrir de nouveaux champs des possibles, notamment en matière de prévention.
En ce sens, il contribue à orienter les projets vers des innovations plus pertinentes, réalisables et réellement utiles pour le système de santé.

Quel message adresseriez-vous à une startup qui envisage de passer par le H4 ? 

N’hésitez pas. S’entourer de regards expérimentés et accéder au terrain permet de gagner un temps précieux, d’améliorer la pertinence de votre projet et d’éviter certains écueils coûteux.
C’est aussi une opportunité de renforcer votre crédibilité, votre image et la qualité de votre proposition. En somme, un investissement qui favorise des résultats plus solides et durables.

Conclusion

Dans un environnement de terrain exigeant et contraint, l’approche d’Isabelle Brès-Bigey souligne l’importance de garder le cap sur l’essentiel : des solutions utiles et vraiment adoptables.

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