
DigeHealth développe un dispositif médical non invasif qui suit en continu les bruits intestinaux et des paramètres physiologiques afin d’objectiver la motilité gastro‑intestinale. Porté par Nour Ghalia Abassi, cofondatrice et CEO, le projet vise à fournir aux équipes soignantes des repères fiables et actionnables pour des décisions plus précoces et plus homogènes, notamment dans l’iléus post‑opératoire ou l’occlusion intestinale, où les indicateurs continus manquent.
Au H4, l’équipe a choisi l’immersion : focus groups avec gastro‑entérologues, chirurgien·nes digestif·ves, nutritionnistes, diététicien·nes et infirmier·ères. Ces échanges ont clarifié le positionnement en outil d’aide à la décision, priorisé le premier cas d’usage et guidé l’ergonomie comme le niveau de synthèse des données.
Pouvez-vous vous présenter en quelques mots : qui êtes-vous et que fait votre startup ?
Je m’appelle Nour Ghalia Abassi et je suis cofondatrice et CEO de DigeHealth.
Nous développons un dispositif médical non invasif capable de monitorer en continu les bruits intestinaux et certains paramètres physiologiques afin d’objectiver, pour la première fois de manière fiable et continue, la motilité gastro-intestinale.
Notre ambition est claire : donner aux équipes soignantes des repères objectifs pour prendre des décisions plus précoces, plus homogènes et mieux informées, notamment dans des situations critiques comme l’iléus post-opératoire ou l’occlusion intestinale, où il n’existe aujourd’hui aucun indicateur continu réellement exploitable.
À moyen terme, nous souhaitons également ouvrir la voie à une meilleure compréhension et un meilleur suivi des maladies gastro-intestinales chroniques, avec un objectif plus large : améliorer concrètement la qualité de vie des patient·es grâce à des données mesurables et actionnables.
Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le H4 et d’aller à la rencontre des soignant·es sur le terrain ?
Nous étions déjà engagés dans plusieurs études pilotes et soutenus par l’écosystème innovation comme la FIT ou le Future of Health Grant, mais Le H4 proposait une immersion avec des soignant·es de différents profils, dans une approche centrée sur le design thinking, afin de mieux comprendre les usages, les barrières d’adoption et la réalité des workflows hospitaliers. Ce qui nous a convaincus, c’est précisément cette confrontation directe au terrain, avec l’objectif non pas de confirmer nos hypothèses, mais de les challenger.
Comment s’est déroulée l’expérience ‘hands on’ ? Une rencontre ou un moment en particulier vous a-t-il marqué ?
L’expérience s’est déroulée sous forme de focus groups réunissant des gastro-entérologues, chirurgiens digestifs, nutritionnistes, diététicien·nes et infirmier·ères. Les échanges ont été particulièrement concrets, centrés sur le parcours patient, la prise de décision au quotidien et les limites des outils actuellement disponibles.
Un moment clé a été la validation de notre hypothèse stratégique : débuter avec l’iléus post-opératoire comme premier cas d’usage et de valider son positionnement: un dispositif d’aide à la décision, conçu pour soutenir les équipes médicales.
En quoi ce contact direct avec les professionnel·les de santé a-t-il fait évoluer votre projet ?
Le plus grand impact du programme a été de mieux comprendre les véritables besoins des patient·es et des professionnel·les de santé. Nous avons reçu des “do’s and don’ts” très clairs : ce qu’il faut montrer, ce qu’il faut simplifier, et ce qu’il ne faut pas afficher.
Ces retours ont influencé l’ensemble de notre produit : le type d’indicateurs à proposer, le niveau de synthèse des informations, l’ergonomie du dispositif et la manière de présenter les données selon qu’elles s’adressent aux soignant·es ou aux patient·es.
Cette expérience nous a permis d’ancrer notre développement dans les usages réels du terrain, avec un produit conçu pour être utile, compréhensible et réellement adopté.
Et maintenant, quelles sont les prochaines étapes pour votre startup après l’expérience H4 ?
Les prochaines étapes consistent à poursuivre la validation clinique du dispositif, tout en intégrant les retours recueillis, notamment sur l’ergonomie du device, l’évolution du dashboard pour les infirmiers et l’adaptation des visualisations destinées aux patients. L’objectif est d’affiner un outil encore en développement, afin qu’il soit parfaitement aligné avec les usages et les besoins du terrain.
Nous allons également continuer à structurer et consolider les données cliniques pour renforcer la robustesse médicale du projet. En parallèle, nous évaluerons l’économicité de notre dispositif afin d’en mesurer l’impact potentiel sur l’organisation des soins et les coûts hospitaliers.
Quel message adresseriez-vous à une startup qui envisage de passer par le H4 ?
Si vous développez une solution en santé, vous devez confronter votre projet au terrain le plus tôt possible. Le H4 permet précisément cela : transformer une vision technologique en solution réellement adoptable. Ce n’est pas toujours confortable, car cela oblige à prioriser et parfois à revoir certaines pistes. Mais c’est extrêmement structurant.
Conclusion
Au H4, DigeHealth a transformé une intuition technologique en usage priorisé et design opérable : focus groups pluridisciplinaires, positionnement en aide à la décision, choix d’indicateurs et d’ergonomie orientés terrain. Prochaine étape : preuves cliniques et valeur médico‑économique pour une intégration sans couture dans les workflows. Le H4 joue ici son rôle : faire passer de la preuve de concept à l’adoption réelle.
Vous développez une solution en santé et souhaitez la tester au plus près des pratiques cliniques ? Rejoignez le H4 et donnez à votre innovation toutes les chances de s’ancrer durablement dans le quotidien des soins.