HM Care : quand la relation devient un enjeu d’innovation

Comment préserver la dimension humaine du soin lorsque les exigences sanitaires imposent de couvrir les visages ? C’est à cette question que s’attaque HM Care, startup suisse issue de EPFL et de Empa.
Avec son masque médical translucide, l’entreprise fondée par Thierry Pelet cherche à concilier protection et communication, en particulier dans des contextes sensibles comme la pédiatrie, la psychiatrie ou les soins aux personnes âgées.
En rejoignant le H4, HM Care a choisi de confronter son intuition à la réalité du terrain. À travers des échanges directs avec les soignant·es, la startup a pu affiner sa compréhension des usages, identifier des cas d’application prioritaires et faire évoluer sa stratégie de déploiement.

Pouvez-vous vous présenter en quelques mots : qui êtes-vous et que fait votre startup ?

Je suis Thierry Pelet, CEO de HM Care, une startup suisse issue de l’EPFL et de l’Empa.
Nous développons un masque médical translucide, pensé pour répondre à un problème très concret du terrain : le fait que les masques, indispensables sur le plan sanitaire, cassent une grande partie de la communication humaine entre soignant·es et patient·es.
Notre ambition est simple : protéger sans effacer le visage, en particulier dans des contextes sensibles comme la pédiatrie, la psychiatrie ou les soins aux personnes âgées.

Qu’est-ce qui vous a convaincu de rejoindre le H4 et d’aller à la rencontre des soignant·es sur le terrain ? 

On avait une intuition forte, étayée par la littérature et par notre propre expérience : voir le visage de la personne soignante change la relation de soin.
Mais une intuition reste une hypothèse tant qu’elle n’est pas confrontée au réel.
Le H4 nous a convaincus par son approche très pragmatique : aller parler directement aux soignant·es, comprendre quand, pour qui et dans quelles situations notre solution fait réellement sens. C’était exactement ce dont on avait besoin à ce stade : sortir du discours “produit” pour entrer dans la réalité des usages.

Comment s’est déroulée l’expérience ‘hands on’ ? Une rencontre ou un moment en particulier vous a-t-il marqué ?

L’expérience a été extrêmement riche, et parfois déstabilisante — dans le bon sens. Les interviews menées avec des professionnel·les très différent·es (pédiatrie, psychiatrie, EMS, soins à domicile) ont mis en évidence une chose clé : le bénéfice du masque translucide est immédiatement perçu, mais pas de manière uniforme.
Un moment marquant a été lorsque plusieurs soignant·es ont spontanément dit : “On voit le sourire.” Ce n’était pas une question technique, mais profondément humaine.
À l’inverse, certains retours plus critiques nous ont aussi obligés à sortir d’une vision trop simpliste, notamment dans les cas où le masque est abaissé avant tout pour des raisons d’audition – là, notre solution ne change peut-être pas tout.

En quoi ce contact direct avec les professionnel·les de santé a-t-il fait évoluer votre projet ?

Très concrètement, il a changé notre façon de penser le déploiement.
Avant, on imaginait presque un remplacement “naturel” des masques existants. Après l’étude, il est clair que ce n’est pas la bonne approche. Le terrain nous a appris que notre masque sera particulièrement pertinent dans des cas d’usage précis :
• situations de souffrance psychologique,
• psychiatrie,
• certaines interactions en EMS,
• pédiatrie, notamment pour instaurer la confiance.
Cela nous a aussi fait comprendre que les soignant·es ne sont pas toujours conscient·es d’être prescripteurs, même lorsqu’ils et elles perçoivent le bénéfice.
Résultat : on travaille désormais sur une stratégie d’introduction ciblée, par service ou par situation, plutôt que sur une logique “one size fits all”.

Et maintenant, quelles sont les prochaines étapes pour votre startup après l’expérience H4 ?

La priorité, c’est de transformer ces enseignements en preuves terrain concrètes.
L’étude avec le H4 nous a permis d’identifier des contextes où un test simple, rapide et peu coûteux peut démontrer l’impact réel du masque. Concrètement, cela passe par :
• des pilotes ciblés (psychiatrie, EMS),
• la structuration de protocoles d’usage réalistes,
• et la préparation de la phase d’industrialisation et de mise sur le marché, prévue à partir de 2026.
Le travail avec le H4 a clairement accéléré cette phase de clarification stratégique.

Quel message adresseriez-vous à une startup qui envisage de passer par le H4 ?

Je dirais : allez-y si vous êtes prêt·es à écouter vraiment.
Le H4 n’est pas là pour valider un pitch, mais pour confronter une idée à la complexité du terrain. C’est parfois inconfortable, mais incroyablement précieux.
Si votre solution touche à la santé, aux usages, aux humains — bref, au réel — alors cette immersion peut vous éviter de construire sur de mauvaises hypothèses.
Pour nous, cela a clairement été une étape décisive pour affiner notre approche.

Conclusion 
L’expérience de HM Care au sein du H4 illustre l’importance de confronter une innovation à la diversité des réalités cliniques avant d’envisager son déploiement à large échelle. Si la proposition de valeur du masque translucide est rapidement comprise par les professionnel·les, le terrain a permis d’en préciser les contextes d’usage prioritaires et les limites.
Cette immersion a conduit l’équipe à ajuster son approche et à définir une stratégie de déploiement plus ciblée, en cohérence avec les besoins identifiés.

Vous développez une solution en santé et souhaitez la tester au plus près des pratiques cliniques ? Rejoignez le H4 et donnez à votre innovation toutes les chances de s’ancrer durablement dans le quotidien des soins.

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